"éléments rassemblés et annotés" par Jean-Louis Herrmann
L'Union artistique 1946-63
Assemblée générale du 31 janvier 1946
Joseph Communal est le nouveau président de l'UAS. Il fait un compte rendu de la situation financière de la société (mais nous n'avons pas de précision sur l'état des comptes après la seconde guerre mondiale).
Un nouveau bureau est élu.
« Après une courte mise au point du Président au sujet du « Minotaure » (?) diverses questions ont été soulevées qui feront l'objet d'une prochaine réunion :
1.- Location de la 3° pièce du local de la Société à un artiste.
2.- Désir de fusionner la « Société des Artistes Savoyards Modernes » avec l' « Union Artistique de Savoie » sous le titre unique de cette dernière.
Il est décidé à l'unanimité de porter le montant des cotisations annuelles à 50 francs »
50 francs équivaudraient actuellement à 5 €
Séance du 28 février 1946
Il est décidé que la 3° pièce du local sera louée aux fins d'atelier, à Mme Marie Chabrières pour un prix annuel de 2900 francs.
La question de fusion de la Société des Artistes Savoyards Moderne avec l'UAS est soumise à la réunion d'une assemblée générale avec les membres des 2 sociétés.
Le président propose de faire un Salon « genre Salon de Savoie qui serait une grande manifestation artistique avec la participation des sociétés locales de musique ». Ce projet complexe est renvoyé à l'été 1947.
La bibliothécaire propose de louer des placards de l'atelier aux membres actifs de la Société ce qui permettrait « une nouvelle source de revenus pour la caisse en même temps qu'une garantie pour les artistes qui désirent laisser leur matériel à demeure ».
Séance du 21 mars 1946
Cette séance avait pour but la fusion de la « Société des Artistes Savoyards Modernes avec l'UAS ».
Une quinzaine de personnes était présente.
« Malgré une présence très limitée , notamment chez les membres de la Société des Artistes Modernes » la fusion a été décidée à l'unanimité sou le titre unique de « Union Artistique de Savoie », cette dernière étant en effet la plus ancienne »
Séance du 4 décembre 1946
Préparation de l'exposition de l'UAS qui aura lieu à la galerie Lucas, rue Claude Martin. Maximum de 3 toiles par exposant. Pas de droit d'accrochage.
Location annuelle de casiers pour la somme de 30 frs.
« Il est décidé de fixer au jeudi de chaque semaine les séances à l'atelier ». (Pendant toute la période relevant des comptes rendus que nous possédons, il n'y avait qu'une séance de travail en atelier -qui était en location- hebdomadaire, ce qui fut une charge pour l'association. Nous y reviendrons)
Séance du 6 mars 1947
Ont été discutées l'organisation :
. d'une « grande manifestation artistique organisée par la Société des Amis de l'Art... au mois de juin. Le financement sera aidé par une tombolas au profit de la Croix Rouge... ».
Dans un note ultérieure, il est signalé que cette exposition qui a eu lieu aux halles municipales a été « couronnée de succès ». La tombola a permis de réaliser, d'une part, un bénéfice pour la Société de 42000 francs et, d'autre part, de faire un don à la Croix Rouge de 25000 frans
. d'une exposition à la galerie Guichard de Lyon en juin (rappelons que le président de l'UAS était Communal qui était alors un peintre reconnu). Nous savons que la galerie demandait une commission de 25 % des oeuvres en plus de 5000 francs de location des locaux(« répartie entre exposants au prorata de la surface des toiles exposées ») .
Devait également être abordé le « litige entre la Société et le Propriétaire des locaux qui voudrait nous retirer ceux-ci dès la fin du mois ». Il est décidé de les conserver intégralement « avec le concierge ».
Séance du 23 novembre 1948
Il est fait état de difficultés pour trouver un modèle. Des « pourparlers » avec ce dernier dépendra la reprise des séances en atelier.
Il est décidé d'organiser, entre les séances en atelier, des « réunions-causeries » toutes les semaines ou tous les 15 jours à 18 H.
On se prépare à une modification des statuts pour le recrutement de nouveaux membres : parrainage de 2 membres et avis d'un jury sur des œuvres présentées, droit d'entrée équivalent à une année de cotisation (250 fr – en augmentation), « il devra faire don à la Société d'une de ses toiles conformément à l'art. 8 des statuts primitifs ». Si le postulant est débutant, il est prévu qu'il règle son droit d'entrée et un stage de 6 mois après lesquels il présentera ses œuvres au jury pour éventuelle admission définitive.
Exposition prévue en juin 1949 mais il est également décidé de faire une exposition permanente dans l'atelier des oeuvres données à la Société par les membres actifs avec possibilité qu'aura chaque artiste de remplacer sa toile par une autre. L'UAS prévoit une certaine somme pour l'achat de cadres qui « ne devront sous aucun prétexte ne devront sortir du local sans autorisation ».
La Société s'abonne à la Revue « Art ».
Nous avons en fin de cahier la liste des membres de l'UAS :
•il y avait 173 membres honoraires (cotisation de 50 à 100 fr). On y retrouve tous les notables chambériens (et des 2 Savoies) : commerçants et négociants, dentistes et pharmaciens, plusieurs artistes (dont Marie Biennier, Clerc Jacques), avocats, notaire et juristes, ingénieur et industriels (Chiron, Haulotte, Pilotaz), médecins (Cleret, Truchet), assureurs... Un demi siècle après la création de l'UAS, la noblesse a disparu des membres honoraires.
•Et 50 à 70 membres actifs (difficile à préciser car noms rayés et rajoutés) dont 27 femmes.
J'ai retrouvé sur la toile :
- René-Maria Burlet (disciple d'Abert Gleizes),
- Marie Chabrière (un beau bouquet),
- Joseph et Jean Communal (que je ne présente pas),
- Cyril Constantin (artiste aixois « touche à tout » qui en 1952, achète une petite maison (ancien « sarto ») à Tresserve au bord du lac du Bourget. Il l’agrandit pour y habiter, créant ainsi l’empire de Cyrilie dont il s’autoproclame empereur. Il y recevra l'épouse de Churchill, Edith Piaf ? Inventeur de « Cyrilovision », procédé unique de projection de lumière colorée destinée à animer des œuvres d’art mais aussi des espaces intérieurs ou extérieurs et de la « cyrilodécontraction »
- Louis Germain, peintre de montagne, proche ami de Communal
- Jacques Girod
- Roger Jacquelin « peinture souriante et lumineuse »
- Henri Mège : Arrivé en 1918 à Chambéry, alors jeune lycéen, il se fait remarquer en caricaturant ses enseignants. Comme son père il embrassera une carrière militaire et dès sa majorité fuyant l’autorité paternelle, il s’engage dans les chasseurs à cheval. En 1931, sa carrière le mène en Indochine où il rencontre, l’empereur Bao Daï et se lie d’amitié avec le peintre vietnamien Maï-Thu. Il épouse la petite nièce du dernier vice-roi du Tonkin. Durant cette période, il trouve le temps de peindre, subissant l’influence indochinoise. Prisonnier en 1940 par les japonais, ce qui l’affaibli et une fois libre se voit nommé professeur à Saïgon de 1950 à 1956. A la suite de quoi, il revient à Chambéry afin d’y passer sa retraite. Son temps de libre lui permet de produire de nombreuses peintures qu’il expose notamment à la galerie Mollens. Ces sujets de prédilections sont les paysages vietnamiens et savoyards.
- Amédée Daille qui demeure alors à St Cloud, longtemps président d'honneur de l'UAS dont il deviendra après le dècès de J. Communal. Beaux bouquets.
- Robert Grange (cf. supra)
- Herny Bordeaux, avocat, romancier et essayiste bien connu (anti dreyfusard et collaborationniste)
Assemblée Générale du 9 mars 1949
Modification de bureau car « certains membres étant top éloignés ».
Il est proposé une participation de peintres de l'UAS au « prix Hallmark de peinture qui doit se tenir cet été à Paris » après une exposition préalable en avril à l'atelier et, avis d'un jury composé du conservateur du musée de Grenoble, du conservateur du musée de Chambéry (qui était alors Mars Valett et de Maître Comte, inspecteur du Théâtre de Chambéry. Ce jury choisira 5 toiles.
Je n'ai rien retrouvé sur le prix Hallmark, sinon que ce dernier ouvrait la porte d'exposition au USA
Le prix de l'UAS dont la valeur a été fixée à 3000 fr. sera décerné au cours de cette exposition.
2 avril 1949
Vernissage de l'exposition « Hallmark ». Le jury choisi des toiles de Madame Rollet, Messieurs Communal, Laffont, Jacquelin et Girod.
Il s'en suit des « malentendus regrettables» qui ont entraîné la démission de Monsieur Maire, membre du Comité et de Lucien Michel, vice président. Cette dernière démission est refusé et Monsieur Michel continuera à faire parti de la Société en tant que Cice Président « en témoisgnage de la grande sympathie dont il jouissait auprés de ses collègue ».
Du 10 au 31 Juillet 1949
Exposition de l'UAS au musée.
12 octobre 1949
Démission (nous ne savons pas pour quelle raison) de Madame Rollet, membre du comité dont le talebtr « rehaussait nos exposition ».
Séance du 25 octobre 1950
Il est décidé :
•de reprendre les séance à l'atelier qui auront lieu tous les lundi (comme nous le verrons il s'agit d'un atelier modèle vivant),
•d'organiser une tombola gratuite au profit des membres honoraires de la Société
•d'un dîner amical qui se fera à l'atelier.
Assemblée Générale du 4 décembre 1950
Renouvellement du bureau compte tenu des démissions signalées ci-dessus.
Acceptation des conditions d'entrée des nouveaux membre actifs avec un complément sur le fait qu'un « peintre de passage pour avoir droit d'accrochage à un exposition devra payer 5 ans d'avance de cotisation ».Autrement dit, les expositions de l'UAS étaient importantes et permettaient aux exposants de se faire connaître et de vendre des toiles. Cet article sera modifié quelques mois plus tard : règlement du droit d'accrochage, de 3 ans de cotisation et avis d'un jury sur les œuvres qui pourraient être exposées.
« Les tardifs des cotisations tant pour les membres honoraires que pour les membres actifs n'étant plus ,et de loin, en rapport avec les standards de la vie actuelle vont être relevés». La cotisation des membres honoraires passe de 50 à 100 fs (il est rappelé que cette cotisation donne le droit à l'accès à la tombola gratuite et annuelle permettant d'acquérir des œuvres des membres actifs). La cotisation des membres actifs passe de 250 à 400 fr.
Proposition de la part de la Société des Artistes Viennois d'un échange d’œuvres en vue d'expositions communes tant à Vienne qu'à Chambéry .
Réunion du 2 mai 1951
Discussion en cours avec Vienne et sur les solutions pour expédier les œuvres .
Accord du Maire de Chambéry pour la tenue de l'exposition annuelles de l'UAS au Musée des Beaux Arts.
Refus du Comité d'une demande de M. Communal sur l'admission, en tant que membre actif, de Madame Mèje, « mère » mais avec une réduction du droit d'entrée et de la cotisation annuelle car « pour quelque motif que ce soit, il ne peut être créer de précédent ».
Saison 1951-1952
Année sans salon. Aucune manifestation spéciale n'a marqué la saison en dehors du tirage de la tombola et du dîner de Noël.
Les séances en atelier, maintenue le lundi ont été assez irrégulièrement fréquentées. Une ou deux sorties sur le terrain au printemps.
Pas d'échange de toiles avec Vienne ….
Le compte rendu du trésorier fait état de la disproportion existant entre les recettes et les frais de location de l'atelier».
Le moral n'était pas au beau fixe à l'UAS !
Séance du 22 octobre 1952
Il est signalé :
des difficultés pour trouver un modèle et la création d'une « masse de départ » de 8000 fr. Les 16 participants à l'atelier règle 500 fr. Dans un ajout, nous apprenons que 6 autres membres actifs entrent dans ce groupe. Un modèle est revenu sur sa décision de poser.
• qu'il n'y aura pas de tombola au profit des membres honoraires
• que la question du dîner annuel « n'est même pas effleurée »
Assemblée généréle du 26 octobre 1953
« Succès relatif » du salon de 1953 avec un excédent de recette de 32350 Fr.
Les cotisations des membres actifs et honoraires étant jugées nettement insuffisantes, il a été décidé de les porter respectivement à 500 et 200 fr.
Il est rappelé que le soutien de la ville n'a pas été versé depuis plusieurs années et que « le nécessaire sera entrepris pour réparer cet oubli ».
Le 4 avril 1954
L'ensemble des membres actifs se sont réunis au Café du Commerce pour le départ pour raison professionnelle de F. Lemoine, le secrétaire de longue date , à Sézanne « nom prédestiné »
Assemblée générale du 25 octobre 1954
Nous apprenons que le loyer de la société est de 49,000 fr par an et qu'il y avait un concierge, M. Sollier dont le loyer était de 2400 fr et qui « sera porté à partir de cette année à 10,000 fr. par an avec, par la suite, les majorations semestrielles légales»
La police d'assurance sera révisée.
La subvention allouée par la Ville de Chambéry est de retour.
L'UAS reçoit un don de 1000 fr du Comité Chambérien d'Aide au Petits Orphelins en remerciement de panneaux d'exposition ;
Une des sociétaires est chargée de demander au Casino d'Aix les Bain 50 fr par panneau qui lui ont été prêté.
Le Salon aura lieu au Musée des Beaux Arts, salon au cours duquel se déroulera la tombola au bénéfice des membres honoraires.
« Toutes tentatives de trouver un modèle ayant échouées, il est décidé de faire insérer une annonce dans les journaux »
L'annonce est retrouvée : « J. FILLE ou J. Femme dem. par groupe art. peintres pour servir modèle, lundi après-midi seulement. Bonne rétribution. Se prés. Après-midi chez Mme Renault, charpente, 23 bis route de Lyon »
Le banquet prévu lors de l'assemblée général le 4 décembre n'a pas eu lieu, « les membres invités à y participer n'ayant pas répondu à cette invitation dans une proportion suffisante ».
Note du 29 octobre 1954
« Un communique inséré dans la presse le 28 octobre a permis de constater qu'une personne non habilitée pour cela avait communiqué aux journaliste un compte rendu très sommaire et de surcroît erroné, au sujet de notre dernière Assemblée Générale.
Le Comité rappelle que tous les communiqués destinés à la Presse doivent être rédigés au cours des séances sous le contrôle des membres du Bureau »
Le 23 mai 1955,
il est décidé de constituer un « Comité de parrainage ». Ont été accepté :
•M. Béchoff, Préfet de la Savoie
•M. Chevallier, Sénateur, Maire de Chambéry,
•M. Barnier, Député Maire d'Aix les Bains, Président du Conseil Général,
•M. Daniel-Rops, de l'Académie Française,
•M. Aujame, Artiste peintre,
•M. Faure, Directeur des Douanes,
•Mgr Garnier, Chancelier de l’Archevêché,
•M. Luguet, compositeur,
•M. Perret, Archiviste Départemental.
Concernant le Salon 1955
Certains membrés actifs ont préparé de « grands panneaux publicitaires destinées a être tendus en travers des rues pour engager le passant à se rendre au musée ».M. Cambos, peintre décorateur, membre honoraire a confectionné, à titre gratuit, une banderole publicitaire de 5 m de longeur, et « grace à l'appui de M. Daille, Président d'honneur, le grand artiste parisien Jean Aujanne a promis de faire figurer une de ses dernières œuvre à ce Salon »
« Le vernissage du Salon a eu lieu le juillet en présence de quelques unes des personnalités officielles invités. Une grande réunion politique nous priva d'édiles de ma ville et ce fut bien regrettable....
La grande toile de Jean Aujane fut tout particulièrement remarquée dans ce modeste Salon provincial d'une fort belle tenue »
Il y eu 1453 entrées payantes et 431 catalogues vendus. Nous rappellerons que les peintres avaient à régler un droit d'accrochage et versait 20 % du prix de vente des tableaux à l'UAS. Bénéfice total de 90 000 fr.
Le 20 octobre 1955
Le Conseil Général accorde une subvention de 10 000 fr. à la Société et la ville de Chambéry une subvention de 5 000 fr.
Assemblée Générale du 31 octobre 1955
Un journaliste et un « reporter photographe » du « Le Progrès » ont assisté à la réunion.
Il est fait état d'un « bilan financier exceptionnel à l'actif jamais égalé ».
Les séances reprendrons les lundis mais « à titre expérimental et pour ceux qui ne peuvent assister aux séances du lundi après-midi qu'une séance supplémentaire aura lieu le samedi après-midi. Une discussion s’élève entre quelques sociétaires qui voudraient que la masse destinée à payer le modèle soit fournie par la Société. Notre situation financière est ccertes brillante mais elle doit faire face à 2 années de dépenses normales pour la société (loyer, chauffage, assurances, etc). Dans ces conditions il n'est pas possible d'envisager la moindre libéralité ».
Un banquet est prévu en janvier
Ce dernier aura lieu le 28 févier 1956 à la Taverne de Savoie. 1200 fr. par personne. 17 convives étaient présents.
Assemblée Générale du 17 décembre 1956
Nous apprenons que l'UAS a participé à des expositions à Cluses, à la Foire de Savoie et à Givors. Le secrétaire forme le souhait que la Société continue longtemps dans cette voie. « Il regrette par contre le manque d'enthousiasme des jeunes à venir grossir l'effectif actif qui « vieillit » petit à petit ».
La ville de Chambéry a renouvelé sa subvention de 5000 fr. contrairement au Conseil Général.
Il est admis à l'unanimité que le Salon de 1957 aura pour thème le Sport.
Il est décidé que les membres actifs n'habitant pas Chambéry et refusant de payer leur cotisation pourront être conservés en tant que Sociétaires « s'ils sont intéressants par leur apport artistique » .
Rapport moral de l'année 1957-58
« … Les séances de travail en commun ont eu lieu à l'atelier sans interruption. Il est vrai que nous avons eu la bonne fortune d'avoir des modèles vivants et que le succès d'une pareille assiduité dépend en grande partie de cela... »
Nouvelle participation de quelques membres au Salon de Givors. Une œuvre a été achetée par la municipalité de Givors.
Le Salon de 1958 qui a eu lieu au Musée, a été « marqué par un succès d'affluence des plus flatteurs, puisqu'il a enregistré 1442 entrée payantes »
Il y a toujours une tombola pour les membres honoraires : « C'est sans doute la seule façon de conserver leur fidélité et leur appui. Malgré cela, notre encaisseur a essuyé 33 refus et 12 cartes n'ont pas été encaissées pour absence ou changement d'adresse ». Malgré cela, il y a 217 membres honoraires.
Aucun salon n'est prévu en 1958, mais « que mes séances de travail en commun à l'Atelier continuent dans la bonne humeur et la meilleure camaraderi pour le bon renom de l'Union »
Assemblée Générale du 9 décembre 1957
221 402 fr sur le compte avant règlement du loyer et des impôts.
Le Conseil Général de Savoie propose d'acheter à l'un des peintres de l'UAS un tableau pour la somme de 10 000 fr. (il est spécifié que cette somme est destinée au peintre sans que celui-ci soit obligé d'en faire profiter la Société) ou d’allouer une subvention.
Le bureau ne peut être renouvelé car le quantum n'est pas atteint.
Une nouvelle réunion à lieu de ce fait à une date non précisée
« La présence d'un modèle vivant a permis à l'Atelier de pouvoir travailler avec assiduité » avec mention spéciale pour les aixois qui se déplacement régulièrement et « viennent grossir les rangs chambériens ». 15 à 16 membres étaient présents à chaque atelier.
Quelques membres ont participé à l'exposition « Amis de l'Art » de Givors avec nouvel achat de cette municipalité.
Une délégation du Conseil Général est venue dans l'atelier le 13 mars 1958 pour choisir une œuvre d'un artiste de l'UAS. Madame Chinal, trésorière, a eu l'honneur du choix pour un paysage « Lac du Bourget ». Le Conseil Général alloue une somme de 25 000 fr l'achat d'une nouvelle œuvre.
Il est prévu une exposition en 1959 qui sera celle «du 75ème anniversaire de la fondation de notre Société ».
« Conclusion : l'Union artistique continue gaillardement son chemin puis qu’après 75 ans d'activité, elle paraît en plein essort, malgré la désaffection apparente de la jeunesse et de nombreux adultes en ce qui concerne les « Arts » en général en particulier la peinture »
Assemblée Générale du 27 avril 1959
Concernant l'exposition de 1959, il est décidé qu'un jury composé de M. Communal et 4 autres membres désignés par lui, choisira les toiles qui seront exposées. Une discussion est engagée sur la suppression du droit d'accrochage (qui participe aux revenus de l' « Union ». Il est décidé d'un droit d'accrochage fixe de 100 fr par tableau quel qu’en soit la taille.
Il est prévu une tombola pour les membres honoraires.
Pas de renouvellement du bureau car le quantum n'est pas atteint.
Assemblée Générale du 8 juin 1959
Il est noté le manque d'assiduité des membres de l'Union aux assemblée générales.
Le jury chargé de sélectionner les œuvres est constitué . La date de ce choix est fixée ce qui permettra d'imprimer un catalogue. Il est indiqué que, comme en 1957, l'UAS se rapprochera de la Maison Vermouth Richard pour essayer d'obtenir le paiement des frais d'impression en contre partie d'une publicité exclusive. Il est signalé que le montant d''impression de ce catalogue s'élève approximativement à 25 000 fr.
La question du montant du loyer « revient à nouveau sur le tapis ». Le Président estime que la ville pourrait mettre une salle à disposition de l' « Union »... mais la Société n'en serait pas propriétaire. Autre proposition : mise à disposition de l'UAS de la « Salle des Cours » attenante au Musée des Beaux Arts.
Rapport moral de la saison 1959 – 1960 (pas de date).
Séances en atelier les lundis de 14 à 17 h. Études du nu d'après modèle vivant.
« Du 14 juillet au 15 août, la Société a présenté au public son exposition au Musée. Malgré de gros efforts accomplis par les organisateurs et le choix préalable des œuvres par le jury, le résultat n'a pas été des plus brillants. Le nombre des visiteurs a été inférieur d'un tiers par rapport à celui du Salon précédent. Les ventes ont été peu nombreuses et tout cela se traduit par un maigre bilan financier...
Il est à remarquer que toutes les fois qu'un jury si impartial soit-il élimine des œuvres en pensant présenter par la même au public une exposition d'une meilleure tenue et d'une bonne qualité, les Sociétaires évincés se trouvent froissés dans leur amour propre et prennent très mal les choses. Il est donc difficile de vouloir faire pour le mieux en ménageant la susceptibilité des Sociétaires. Il serait bon d'étudier à fond cette question pour essayer les mesures à prendre à l'avenir en n'oubliant pas cependant que le rôle essentiel de notre société est de montrer au public des œuvres de plus en plus intéressantes ; mais il faut aussi que notre Société continue et conserve ses adhérents pour remplir ce rôle, ce qui ne peut être plus évident ».
L'UAS compte alors 179 membres honoraires et 58 membres actifs.
Certains membres proposent d'organiser un « gala cinématographique » (film sur la peinture ou un peintre ). « Cette initiative vaut bien une discussion ».
Il est signalé qu'à Lourmarin, un mécène se fait un plaisir d'accueillir des jeunes peintres « gîte et nourriture assurés gratuitement ».
Assemblée Générale du 23 novembre 1959
Il est décidé le maintien du jury destiné à choisir les œuvres à exposé aux futurs salons « pour une bonne tenue de ceux-ci ».
Concernant le gala cinématographique, on indique que les dépenses seront importantes et les recettes incertaines.
Tirage de la tombola au bénéfice des membres honoraires.
« Quelques membres étant pressés, quittent la salle avant que le renouvellement du beau soit effectué ». Le Bureau ne peut être renouvelé.
Assemblée Générale du 21 novembre 1960
On regrette l'absence de renouvellement du Bureau en précisant qu'il « serait souhaitable que de pareils faits ne se reproduisent plus à l'avenir ».
L'organisation d'un gala cinématographique n'a pas de suite car les sociétaires chargés de cette question ne s'en sont pas occupé.
La salle du Musée étant occupée par les manifestations du Centenaire du Rattachement de la Savoie à la France, il n'y a pas eu d'exposition.
Quelques sociétaires ont été invités à Bordeaux à l'occasion sur le « Folklore Savoyard ».
A Lyon, la galerie « Reflets » invite quelques artiste savoyards pour marquer le Centenaire. « Partout les œuvres envoyés par nos membres ont été remarquées ».
Les séances du lundi sont suivies avec assiduité. Celles du samedi n'ont pas pu avoir lieu du fait du manque d'assistants
Il est prévu une exposition : « il serait souhaitable que chaque sociétaire exposant fasse l'effort nécessaire pour que cette manifestation attire l'attention de nombreux visiteurs ».
Rapport financier : le point le plus important est « toujours » celui du loyer « et il faudrait que cette question soit examinée avec grande attention. La Société ne pourra pas toujours faire face à une dépense aussi importante ».
Assemblée Générale du 5 juin 1961
Cette réunion concerne essentiellement l'organisation du Salon au Musée. Les différents responsables (catalogues, affiches, droit d'accrochage, invitations..) sont désignés.
Le conservateur désire que « chaque exposant lègue au Musée un dessin ou une esquisse sans cadre, format maximum 65 cm x 50 pour conserver ainsi un témoignage de nombreux peintres savoyards ou habitant la Savoie ».
Assemblée Générale du 13 novembre 1961
Pour la première fois depuis qu'il est Président, Joseph Communal était absent.
La faible participation au Salon est de nouveau signalé.
« Il est décidé de conserver l'atelier ». Pas d'explication.
2 peintres demandent « à utiliser l'atelier un jour chacun par semaine en consentant à payer une redevance qui sera fixée ultérieurement ». Le curriculum vitae de l'artiste et le répertoire de ses œuvres serait joint à ce don.
Assemblée Générale du 13 novembre 1961
Pour la première fois, Joseph Communal sera absent.
L'exposition n'a pas été un succès : manque d'affluence. I est signalé : que tous les sociétaires devrait exposer, que le prix d'entrée de 1 NF était trop élevé.
Deux peintres demandent à utiliser l'atelier un jour chacun par semaine en consentant à payer une redevance qui sera fixée ultérieurement.
La cotisation pour les membres actifs passe de 5 NF à 10 NF pour améliorer les finances et la cotisation des membres honoraires restent à 2 NF.
Assemblée Générale du 20 novembre 1962
Le Président Joseph Communal est de nouveau absent : « La maladie du grand âge le tiennent depuis fort longtemps déjà éloigné de toute activité. En dépit de la gravité de son état je sis sûr d'exprimer votre désir en lui souhaitant de tout cœur une nette amélioration et surtout un adoucissement de ses souffrances physiques et morales ».
Il est signalé le nombre de plus en plus grand de défections dans les effectifs de l'UAS : 15 cartes refusées chez les membres actifs et 17 défections chez les membres honoraires. La « relève ne se fait plus. La cause de cette carence est difficile à définir et peut-être faut-il voir là qu'une conséquence de la diversité des occupations des loisirs de la jeunesse ».
« L'important et douloureux problème de l'Atelier » est soulevé. « Il est important puisque c'est pour notre société un sacrifice permanent où elle engloutit tout son argent.
Il est douloureux également car je sais que vous tenez, que nous tenons tous, à cet Atelier ; malheureusement son utilisation actuelle comparée au montant annuel excessif du loyer 1050 NF, montant qui continuera à croître chaque année, nous oblige à constater le manque de rentabilité de l'opération».
L'occupation de la salle par des peintres à des fins personnelles moyennant redevance « raisonnable » n'a pas été concluante.
Un des peintres y avait organisé des cours de peinture qui n'ont fonctionné que pendant 1 mois avec 4 élèves.
Le Président de la séance indique qu'il n'est « plus permis de remettre la discussion définitive de cette question à plus tard. Il faut agir quand il est encore temps ».
Reprise des séance du lundi.
Prévision d'une exposition au Musée au cours de l'été avec « possibilité de prolonger, le mois de septembre étant libre ».
Assemblée Générale du 30 novembre 1962
La question de l'Atelier est débattue. Il est décidé que la « Société se doit de conserver cet Atelier ». Solutions envisagées : augmenter les cotisations, augmentation du loyer du concierge, proportionnelle au rapport de la surface corrigée de son appartement, organiser un repas à l'atelier pour « rassembler un maximum de membres, resserrer leurs liens d'amitiés et provoquer peut-être ainsi de nouvelles inscriptions » .Certains sociétaires proposent de vendre, dans une galerie en ville les œuvres apportées par les membres actifs, au profit de la Société .
Le secrétaire estime qu'il est nécessaire de créer un Bureau actif, comprenant un animateur charger de s'occuper sérieusement des séances d'atelier pour essayer d’amener de nouveaux membres actifs. Le « recrutement est de plus en plus difficile … car il est clair que si la société comptait 70 à 80 membres actifs de 200 à 250 membres honoraires , la paiement du loyer serait assuré.».
26 février 1962
« Ce matin à 11 heures, nous avons eu la grande peine d'apprendre le décès de notre bon et regretté Président, Joseph Communal.En perdant son Président, l'Union Artistique de Savoie est cruellement éprouvée. Tous les membres admettent difficilement telle séparation causée hélas par la maladie et la vieillesse et c'est pourquoi le souvenir de celui qui fur l'âme et l'un des meilleurs artisans de la Société, restera vivant dans leur cœur.
L’inhumation aura lieu au Chatelard dans ce coin de terre qui l'avait vu naître il y a 86 ans ».
Joseph Communal sera resté pendant près de 20 ans, Président de l'UAS.
Réunion du 22 avril 1963
Monsieur Amédée Daille est élu nouveau Président. Il se dit prêt à apporter son concours « pour que notre vieille société continue une longue et prospère carrière ».
Le nouveau président invite les membres présent à se rendre dans sa demeure « où Madame Daille en maîtresse de maison accomplie sut nous faire apprécier tout le charme d'une réception des plus sympathiques ».
C'est sur ces propos d'un autre siècle que prend fin le cahier que j'ai eu le plaisir de consulter.